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La colonisation (tout comme l’esclavage) fut pour les Batscham un faîte historique.

Rappelons d’emblée que les Allemands ont rencontré une forte opposition dans de nombreux royaumes en Afrique. Jusqu’à leur départ du Kamerun, ces Allemands ne purent soumettre les Batscham. D’où la notoriété du masque de ce nom, symbole de puissance et de liberté, qui fut lâchement dérober par ces colons ravisseurs en 1904.

Avant la pénétration allemande, les Batscham furent eux-mêmes des missionnaires avec l’évangile ‘‘Patsoon Boong’’ (la miséricorde) sous Fouo Longouo (jusqu’en 1834), la philosophie Ayi (faire de tout le monde un ami) sous Djoudha (jusqu’en 1860) et plus tard de grands ‘‘colonisateurs’’ dans les Grassland sous une forme un tout petit peu impérialiste avec la souveraineté de Fomekong Malondzué jusqu’à la pénétration allemande dans la région en 1903. C’est sans doute pour cette raison que les Batscham ont souvent parlé de la ‘‘malédiction des pieds rouges’’ (allemande puis anglo-française qui leur ravirent la vedette), mais rarement de colonisation.

Djoudha, qui avait séjourné dans plusieurs Foyers des Grasssland, légua à son héritier Fomekong, une société prospère avec des ressources humaines diversifiées et professionnellement solidaires. En effet, dans l’entreprise communautaire laissée par Djoudha Maguem, chaque groupe social maîtrisait un secteur d’activité ou contrôlait un segment du marché qu’il développait pour son bien propre et pour le bonheur collectif. Tous les acteurs, autant que les bénéficiaires (clients) se considéraient comme des ‘‘Ayi’’, traduisant une forme d’association fraternelle, de générosité et d’amitié dans les milieux d’affaires.

Fomekong développera aussi la pratique du ‘‘Magwa’a’’ dont le capital favorisa la création de nombreuses infrastructures et la construction des monuments qui, malheureusement ont été pillés et saccagés au cours de la résistance à la pénétration allemande.

Pour mémoire, avant la prise de commandement de Batscham, Fomekong était un grand marchand, importateur d’huile de palme, de sel et des armes qu’il distribuait à travers un réseau d’affaires étendu dans toute la sous-région. Une partie de son personnel était recrutée sur les marchés d’esclaves qu’il achetait, affranchissait et formait aux métiers courants. Plus tard, de 1860 à 1903, l’une des spécialités de Fomekong dans les conquêtes du ‘‘Grand Batscham’’ sera la libération des esclaves dans la région. Les femmes et les enfants étaient affranchis et pouvaient intégrer la population Batscham ou chercher asile ailleurs. Les volontaires habiles et les plus dodus pouvaient être enroulés dans l’armée royale après un test de crédibilité.

Remarquons aussi qu’à cette époque, de nombreux souverains Grassfield pratiquaient l’esclavage coutumier. Le nom ‘‘Ban Sun’’ (Pedjo, Bandjoun) en est une preuve indélébile. Bandjoun signifie les acheteurs. Les Bandjoun s’étaient illustrés par l’achat des esclaves (Nkouo ou Mpueh) qu’ils revendaient sur le petit marché de Bangoua dans le royaume Ba-Ngante, mais aussi pour assurer le peuplement de leur territoire.

Si les Allemands ont fait de la ville de Dschang, leur capitale régionale de Commandemant, les colons Français, pour se démarquer, allaient fonder à leur tour, la Ville de Bafoussam en 1925, avec à sa tête un administrateur nommé Giraux de Gabasies.

Le département des Bamboutos sera créé plustard par le décret N° 61/IMT du 03/02/61 après l’éclatement de l’ancienne région Bamiléké. La ville de Mbouda, traversée d’un bout à l’autre par la route nationale n°06 (Bafoussam-Bamenda), désigne l’entrée des Nda. La  pierre angulaire de fondement des Peuples Nda se trouve à Mbougong sur le térritoire Bameté (Babeté), dont un des quartiers (Batang) fait aussi partie de la communauté linguistique Ngiemboon.

Le nom Bamboutos vient de l’expression ‘‘Pa Mbetoe’’ (Mbeton, Mba Toh, Pa Touo), qui est le pseudonyme des peuples Ngiemboon (ngiemboon-phone). D’ailleurs, la Préfecture des Bamboutos est installé sur les terres ‘‘Mbeton’’. Il existe aussi dans l’arrondissement de Batcham, un Patriarche nommé Fouo Patouo, diminutif de ‘‘Fo’o Pa Mbetoe’’ ou Chef Bamboutos. C’est curieusement dans le Secteur Baléna où Fouopatouo est le souverain, que le Masque Batscham fut scruté et offert au Généralicime Fomekong Malondzué. Foumekong est le Roi guerroyeur des Batscham qui résista à la pénétration allemande grâce aux pouvoirs mystiques du Masque légendaire.

Ed. Théophile Tatsitsa dans la Tribune des Mémoires Batscham.

Published By.  Magazine JMB 2012.

Carte allemande de la région côtière du Kamerun.
Carte allemande de la région côtière du Kamerun.

Crédit Photo :Archive de la Mission de Bâle. Album du centenaire de l’histoire de l’Eglise Catholique au Cameroun (1890-1990). Sous la Direction de Prof. Engelbert Mveng. Published By. Magazine JMB 2012.

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3 commentaires

  1. j aime ce pan de l histoire, la connaitre me rend fière et honore les valeureux ancêtres qui se sont battus pour notre liberté.

  2. Salut messieur
    je suis très fier de savoir qu’il y des personnes qui s’intéresse de plus près à l’histoire des bamboutos. je suis en histoire 5 à université de Douala. si je pouvais vous rencontré, mon plaisir n’aurait été que trop grand. j’ai besoin de document pour la rédaction de ma thèse de master. SI c’est bien vous Théophile Tatsitsa, je peux vous dire que j’ai aimé la dédicace de votre ouvrage collectif très volumineux.
    nom contact est : idrissmignon@yahoo.fr. Tel: 75 26 01 59/ 96 23 25 91

  3. Merci pour toutes les informations mais sur MBOUDA en langue ngombah ondit MBOU’NDA”A pour designer aussi la région des NDA’A alors il faudrait revoir

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